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Cliniques universitaires Saint-Luc
Un hôpital bruxellois fait tourner Qwen3 sur ses propres serveurs, comme assistant intégré aux dossiers patients
Les Cliniques universitaires Saint-Luc, hôpital universitaire de Bruxelles, ont conçu un assistant clinique fondé sur le modèle à poids ouverts Qwen3-235B, hébergé entièrement sur leurs propres serveurs et intégré à leur dossier patient Epic. Après un mois de pilote, il a été étendu à tout l’hôpital : 1 028 utilisateurs et 14 910 conversations en cinq mois.
Chiffres clés
Repris tels quels des sources. Copiez n’importe quel chiffre avec sa citation.
28
Médecins du pilote d’un mois, répartis sur neuf spécialités1
64 %
Participants au pilote qui ont utilisé l’assistant chaque jour1
1 028
Utilisateurs uniques, à l’échelle de l’hôpital, du 8 mai au 13 octobre 20251
14 910
(20 225 messages d’utilisateurs)
Conversations, à l’échelle de l’hôpital, du 8 mai au 13 octobre 20251
Le problème
Les médecins passent une grande partie de leur journée dans le dossier médical informatisé (le dossier patient numérique de l’hôpital). L’article note que les urgentistes de cet hôpital consacrent en moyenne 20 minutes par patient à lire les documents antérieurs avant une consultation. Par ailleurs, les hôpitaux ne peuvent pas envoyer de données de patients à des chatbots externes sans enfreindre des règles de confidentialité comme le RGPD de l’UE.
Ce qu’ils ont construit
Les Cliniques universitaires Saint-Luc, hôpital universitaire de Bruxelles, ont construit un assistant conversationnel au sein de leur dossier patient Epic. Il repose sur Qwen3-235B, un modèle à poids ouverts d’Alibaba. « Poids ouverts » signifie que les fichiers du modèle sont publiés : une organisation peut donc l’exécuter sur ses propres serveurs au lieu d’appeler le service d’un éditeur.
L’assistant répond aux questions à partir du dossier du patient en cours, des documents du réseau régional belge d’information de santé, des procédures de l’hôpital et d’une sélection de littérature médicale. Chaque réponse indique les sources utilisées, avec des liens qui s’ouvrent dans le dossier.
Comment ils s’y sont pris
L’hôpital a d’abord organisé des ateliers avec les médecins pour recenser et hiérarchiser les cas d’usage. L’accès à l’information arrivant en tête, l’équipe a construit un assistant fondé sur la recherche documentaire. La génération augmentée par récupération (RAG) signifie que le système cherche les documents pertinents et les transmet au modèle avant qu’il ne réponde.
Le tout fonctionne sur un serveur acheté par l’hôpital, équipé de 8 puces NVIDIA H200, sur le réseau de l’hôpital et sans connexion internet externe pour le cœur du dispositif. Un réseau de « champions » médecins a participé à la conception et aux tests. Le délégué à la protection des données de l’hôpital a été consulté et une analyse d’impact relative à la protection des données a été réalisée avant le lancement. L’équipe a notifié l’outil à l’agence belge des médicaments en tant que dispositif médical développé en interne.
Résultats
Lors d’un pilote d’un mois, 28 médecins de neuf spécialités ont tenu 482 conversations, et 64 % ont utilisé l’assistant chaque jour. À l’issue du pilote, l’outil a été ouvert à tout l’hôpital, y compris aux infirmiers et aux étudiants. Entre le 8 mai et le 13 octobre 2025, 1 028 utilisateurs ont tenu 14 910 conversations, et 561 d’entre eux (54,6 %) s’en sont servis au moins une fois par semaine.
L’usage principal était la recherche d’information (36,8 % des conversations), suivie de la synthèse de dossiers (26,5 %). La rédaction de notes représentait 20,7 % et l’aide à la décision clinique 11,0 %. Les auteurs y voient un signe que le personnel utilise l’outil comme aide à l’information plutôt que comme outil de diagnostic.
Ce qui a mal tourné
L’étude n’a pas cherché à savoir si l’assistant fait gagner du temps ou améliore les soins. Les retours du pilote ont révélé des lacunes : des utilisateurs ont signalé l’absence de contexte, par exemple les comptes rendus d’anatomopathologie, et une réponse a mal interprété un score de risque. Le volume d’évaluations a baissé en production ; l’hôpital prévoit donc un échantillonnage aléatoire et des contrôles automatisés des conversations.
Ce qu’il faut retenir
Commencez par les tâches d’information que le personnel demande déjà, intégrez l’outil à son système principal et prévoyez un budget pour le suivi après le lancement.
Tous les chiffres publiés
| Indicateur | Chiffre | Citation |
|---|---|---|
| Médecins du pilote d’un mois, répartis sur neuf spécialités | 281 | |
| Participants au pilote qui ont utilisé l’assistant chaque jour | 64 %1 | |
| Utilisateurs uniques, à l’échelle de l’hôpital, du 8 mai au 13 octobre 2025 | 1 0281 | |
| Conversations, à l’échelle de l’hôpital, du 8 mai au 13 octobre 2025 | 14 910 (20 225 messages d’utilisateurs)1 | |
| Utilisateurs actifs au moins une fois par semaine | 561 (54,6 % des utilisateurs)1 | |
| Conversations par type de tâche : recherche d’information, synthèse, rédaction de notes, aide à la décision | 36,8 %, 26,5 %, 20,7 %, 11,0 % (reste : 5,0 %)1 | |
| Évaluations explicites laissées par les utilisateurs en production | 190 (90 positives, 100 négatives), soit moins de 1 % des réponses de l’assistant1 |
Enseignements pour votre projet
Demandez aux cliniciens ce dont ils ont besoin avant de construire. Leurs demandes principales portaient sur la recherche et la synthèse d’informations : l’assistant a donc été conçu autour de ces usages, et non autour du diagnostic.
Placez l’outil dans le système que le personnel utilise déjà. L’assistant s’ouvre dans le dossier patient : les utilisateurs ne changent pas d’écran et ne se reconnectent pas.
Prévoyez un contrôle après le lancement. Les retours volontaires ont fortement diminué une fois l’outil entré dans les habitudes ; il faut donc échantillonner les conversations pour suivre la qualité à grande échelle.
Faites de la protection des données un élément de la conception. L’hôpital a réalisé une analyse d’impact relative à la protection des données et conservé toutes les données des patients sur son propre réseau.
Réserves
- Les auteurs font partie de l’équipe de l’hôpital. L’article a été évalué par des pairs, mais les chiffres sont ceux de l’hôpital, et non le résultat d’un audit externe.
- L’étude n’a mesuré ni le temps gagné ni les résultats cliniques. Elle mesure l’adoption et la manière dont le personnel utilise l’outil.
- Les retours ont été peu nombreux, si bien que les vrais taux d’erreur restent inconnus. Pendant le pilote, 47 réponses sur 815 ont été évaluées, 25 positivement et 22 négativement.
- Le serveur à 400 000 dollars sert aussi à d’autres projets. Les auteurs affirment que des modèles plus légers peuvent tourner sur du matériel coûtant moins de 50 000 dollars, mais ils ne l’ont pas testé dans ce déploiement.
Sources
- Implementation of large language models in electronic health records
PLOS Digital Health · 2025-12-19 · Article de recherche · ncbi.nlm.nih.gov
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